TEXTES

Méditation entre les lignes La pointe du burin entre dans la matière. Poussé doucement l’outil extrait un copeau de métal de la matrice laissant derrière lui un sillon creux en « v », c’est ici que l’encre d’imprimerie va se loger. MCB aligne ainsi les traits, modifiant densité longueur et espacement jusqu’à obtenir un paysage graphique. Là les lignes sont denses et fortes comme l’ombre des canisses sous le soleil d’été, ailleurs elles sont fines et donnent la part belle au blanc du papier. En superposant ces différents maillages, MCB réussit l’exploit de créer des transparences, l’image acquiert de la profondeur et se révèle en plan successifs. Les courbes sont rares, mais en regardant ces alignements on ne peut s’empêcher de penser aux microsillons du disque vinyle. Si l’on pouvait produire un son en « lisant » ses plaques gravées on entendrait probablement le chuchotement de la radio dans le silence de l’atelier durant les longues heures de création, pour MCB la pratique de l’estampe est une forme de méditation, méditation contagieuse, sans danger pour le spectateur. Vincent Dezeuze, 2021 ____________________________________________________________________________________________________ « Réminiscences de l'horizon, failles d'ombre, percées de lumière, la torpeur du temps cède le pas à la résurgence d'une prolifération fragile, d'un écoulement de fluides, d'un bourgeonnement sensible de couleurs, d'un épanchement bulbaire. La matière se découvre comme une introversion des profondeurs, une poétisation de la surface, comme le reflet des cycles de la vie. Comme une renaissance à soi, l'exposition « convergence des plans » étiole l'univers de plasticiens qui ont en commun de creuser des sillons dans lesquels se révèlent des univers enfouis et invisibles qui fondent notre rapport au monde. « La nature est miroir de l'âme. Elle prête ses lignes à l'expression très personnelle du peintre, le laisse dessiner à partir de ses formes, des paysages intérieurs ». Yves Poyet Cette fragilité, cette poésie de la matière explose littéralement dans les gravures de M-Christine Béguet. L'extraordinaire maîtrise du geste, le point, la ligne, le trait, les valeurs, les transparences, la justesse des contrastes et des clairs obscurs s'organisent tel un point d'orgue, un équilibre de construction qui nous propulse dans une plénitude rétinienne et comme le dit fort justement Dominique Davin dans le savant dosage d'un monde diffus et lumineux. Alain-Jacques Lévrier Mussat « Convergence des plans » Nayart, la Minoterie 2022 « ... Sur le travail de gravure de M C Béguet, pas seulement sur ses grands tirages, toujours plus remarqués, mais sur son travail de gravure qui révèle un véritable savoir faire... un compliment lorsqu’il s’agit de gravure. Savoir faire du geste qui révèle un langage très graphique, sensible et délicat. Surprise aussi à chaque fois de voir l’intérêt du public qui n’est pas forcément connaisseur d’apprécier des œuvres abstraites, ce qui dit bien que l’œuvre apporte à celui qui la regarde un apaisement, un équilibre visuel, un possible de voyage. Aux Beaux Arts on nous disait : Le beau n’existe pas. S’il est le travail de la pensée, il est le résultat d’une observation des règles de la nature, cela voulait dire, les rythmes, l’ombre et la lumière… Le travail de MCB porte ce discours. » Marie José Doutres Exposition personnelle « Estampes » Février 2020 / Centre Culturel Jean Jaurès 30600 Vauvert ____________________________________________________________________________________________________ « Après des études de graphisme et d’arts appliqués à Paris elle a installé son atelier à Avignon. Ses burins très maîtrisés s’imposent comme une belle découverte et un langage original dans la gravure d’aujourd’hui. Elle se confronte parfois à de très grands formats en kakemonos, où intervient la couleur. » Martine Cazin, exposition personnelle à la Maison de Brian, juin 2021 -------------------------------------------------------------------------- «Formes imbriquées, décomposées et presque uniquement suggérées par endroits, dans ce rapport toujours présent entre ombre et lumière. Jamais rapports de force mais plutôt rapports intimes engendrant comme une présence cachée, nous amenant imperceptiblement à pressentir un monde diffus et lumineux, lointain et proche à la fois, comme une incitation à franchir portes et fenêtres de notre esprit pour accueillir et percevoir la transparence de la matière.» Dominique Davin, metteur en scène, Avignon

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